Ictus Voyages plante 1 500 oliviers en Terre Sainte. Un projet original de compensation carbone...
Conscient de l’impact environnemental négatif des trajets aériens, Ictus Voyages a souhaité, depuis le 1er janvier 2009, mettre en place une politique responsable forte en ce domaine. Ainsi la somme de 10 € est prélevée sur chaque inscription à l’un des voyages de la brochure Ictus Voyages afin de compenser les émissions de carbone répandues dans l’atmosphère lors des vols. Cette somme collectée servira à planter des arbres, acteurs essentiels de la compensation carbone.
Ictus Voyages très investit en Terre Sainte a souhaité y impliquer les chrétiens de cette région du monde qui subissent un exode massif pour des raisons économiques, rendant leur présence en cette terre incertaine.
Ainsi donc, les arbres plantés sont des oliviers, arbres robustes, symbole de paix et dont la production d’huile d’olive permet d’obtenir des revenus substantiels pendant des décennies.
Avec les olives récoltées on produit, de l’huile pour l’alimentation ainsi que du savon. De plus, les déchets d’huile récupérés après la fabrication des savons sont utilisés comme huile de chauffage pour l’hiver.Cette opération « éco-responsable » est montée en partenariat avec l’AED (Aide à l’Eglise en Détresse) et a permis en 2009, de récolter la somme de 8 000 €.
C’est en juin 2009 que Thierry Sanson, directeur de l' agence Ictus Voyages, et Marc Fromager, directeur de l’AED, rencontrent Monseigneur Fouad Twal, Patriarche Latin de Jérusalem, pour lui présenter ce programme original de compensation carbone. Le Patriarche a vivement encouragé ce projet en complétant même la somme collectée de 2 000 €.
En janvier 2010 la mise en œuvre opérationnelle débute. Le Père William Shomali, chancelier du Patriarcat Latin, nommé depuis peu Vicaire Episcopal, a contacté les curés de plusieurs villages de Cisjordanie afin de connaitre les besoins économiques des chrétiens de leurs paroisses. Au final, deux villages sont retenus et mobilisent les deux communautés paroissiales pour la préparation de l’opération. C’est ainsi 1 500 arbres achetés et repartis entre 137 familles chrétiennes. Chaque famille étant composée de cinq à six membres.
Rendez vous est ainsi donné, le 4 mars 2010 devant le Patriarcat Latin dans la vieille ville de Jérusalem avec le Père Shomali. Thierry Sanson et Marguerite Thurneyssen, de l’agence Ictus voyages, ainsi que Marc Fromager (directeur de l’AED) se glissent dans l’automobile conduite par la Père Shomali qui démarre aussitôt en direction du Nord de Jérusalem. Le véhicule traverse la frontière entre Israël et la Cisjordanie par le Check Point de Ramallah, pour se rendre au village d' Aboud, en traversant de magnifiques paysages bibliques et de petits villages ruraux.
Aboud est situé au nord-est de Ramallah et compte mille chrétiens et autant de musulmans. Le village était une étape importante sur la route de Jérusalem à Jaffa qu’empruntaient les habitants au temps de Jésus.
Dans l’église d’Aboud a été mise à jour une magnifique mosaïque du 3è siècle.
Le père Elias TABBAN, curé du village, nous accueille très chaleureusement en s’empressant d’attester que : « Les chrétiens d’ici ont reçu leur foi de Jésus directement ». 47 familles chrétiennes (soit environ 250 personnes) sont concernées par la plantation de 600 oliviers qui ont été répartis équitablement en fonction des besoins de chacun.
Le Père William Shomali, enthousiasmé par le projet nous confie : « C’est magnifique, on ne leur donne pas du poisson, on leur apprend à pêcher ».
Notre première étape à Aboud :
Nous somme reçus dans la famille de Rami. Il a reçu 15 arbres qu’il plante devant nous dans son jardin. Ces arbres vont l’aider à améliorer ses revenus. En effet, la construction du mur de séparation avec Israël passe au milieu du village, ce qui a dépossédé beaucoup d’agriculteurs de leurs champs. Rami, lui, à perdu la moitié de son terrain.
Nous partons ensuite pour notre deuxième étape à Aboud, à coté d’une colonie juive où nous rejoins une classe d’enfants d’une douzaine d’années qui nous assiste dans la plantation. A cet endroit même, quelques mois plus tôt, des militaires israéliens avaient déracinés des oliviers pluri-centenaires. Après quelques dizaines de minutes de plantation dans la joie et la bonne humeur avec les enfants, l’armée israélienne, qui faisait une ronde dans les environs, nous demande de partir. Ce que nous faisons bien désolés… Nous réalisons le dur quotidien des habitants de Cisjordanie.
Le père Elias, nous convie à un déjeuner pantagruélique que nous prenons dans la cuisine du presbytère. Le café avalé, nous filons, le village suivant nous attend…
Zababdeh, village de 4000 habitants, est situé au Nord de la Cisjordanie entre Jenine et Naplouse.
C’est le plus gros village chrétien de la région : il y a environ 3200 chrétiens pour 800 musulmans. Il y a une église catholique, une orthodoxe et une protestante ainsi que deux mosquées.
A Zababdeh, il y a beaucoup d’agriculteurs, de travailleurs en bâtiment, de chauffeurs de taxis et de couturiers. Malheureusement, 50[[][%]] de la population est au chômage depuis la construction du mur israélien ; beaucoup ont perdu leur travail et le droit de passage au check point. Les familles vivent grâce au salaire d’un seul de ses membres et de quelques aides internationales. Le Patriarcat Latin œuvre pour que chaque palestinien chrétien garde espoir de pouvoir vivre, travailler et voyager librement.
A Zababdeh, 90 familles ont reçu dix oliviers, soit 900 oliviers au total. Dix oliviers ne suffisent évidemment pas à faire vivre une famille mais c’est un complément par rapport a leurs faibles revenus actuels. aux arbres qu’ils possèdent déjà. Dans deux à trois ans, les dix oliviers par famille devraient rapporter 400 € de revenu annuel grâce à la production d' huile d' olive. Dans trois ans, on peut estimer que les 8.000 € investis généreront entre 40 et 50.000 € par an, ce qui est très encourageant.
Le Père Ala, curé du village, nous reçoit avec enthousiasme et nous emmène immédiatement dans le jardin de l' un de ses paroissiens. Sohel, un jeune agriculteur de 35 ans nous confie avoir économisé pendant 10 ans pour pouvoir acheter 1 hectare de terre, sur Sa terre il cultive des oliviers. Son terrain est digne des paysages bibliques. « Je suis de cette terre, et je souhaite rester implanté ici. » nous explique t’il.
Le Patriarche Latin de Jérusalem, le Père Elias, le Père Ala ainsi que toutes les familles chrétiennes des deux villages de Zababdeh et d’Aboud ont été très heureux de cette opération. L' Eglise a montré qu' elle était capable de coordonner un véritable projet de charité et de se faire proche des siens. " Sur le soir, la colombe revint, et dans son bec il y avait un rameau d' olivier tout frais ! " (Gn 8,11).
"Puisse le Seigneur, par cette belle charité toute simple et toute concrète, nous mener vers ce que symbolise ce magnifique arbre qu' est l' olivier : la paix et la prospérité" nous confie le Père William Shomali.
Le simple fait de venir leur rendre visite et de démontrer grâce à ce projet que les chrétiens de Terre Sainte ne sont pas oubliés a été pour eux, d’après leur témoignage, un fort encouragement. L’année prochaine, nous espérons pouvoir faire plus… cela dépend du nombre de voyageurs qui nous feront confiance en 2010.
Nous espérons prolonger ce projet pendant 5 ans, 10 ans et pourquoi pas plus…
Rêvons un peu, dans 10 ans plus de 15 000 oliviers seront plantés, ce qui devrait générer annuellement 600 000 € par an pour les chrétiens de Cisjordanie grâce à la production d’huile d’olive… sans oublier la compensation carbone.