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In memoriam
"Tremblement de terre d'Haïti, Ictus voyages perd une amie..."
Marie-Cécile vivait en Haïti depuis plusieurs décennies, pays qu’elle aimait, qui était devenu le sien, au même titre que la France. Elle y travaillait au service de l’Eglise et de la population haïtienne, dans le cadre de l’enseignement catholique. Elle avait été institutrice, créatrice et directrice d’écoles, collaboratrice des évêques pour organiser et coordonner l’enseignement catholique au niveau national. A la retraite, elle continuait à œuvrer, formant de nouvelles équipes, assurant le suivi de projets éducatifs. Elle revenait un mois par an en France pour sa famille, pour son ressourcement. Elle fut une pèlerine d’Ictus Voyages dans les montagnes du Sinaï l’été 2005 et au Maroc l’été 2007, deux voyages dont j’étais l’accompagnateur. L’été 2006, elle consacra une semaine de ses vacances dans ma famille. D’autres bien sûr la connaissaient bien mieux que moi, mais je voudrais apporter mon témoignage, in memoriam.
Elle est une des personnes les plus marquantes que j’ai pu rencontrer. On pouvait la rencontrer un beau jour et devenir l’heure suivante son ami, non pas d’une amitié de circonstance s’effaçant le lendemain, mais d’une amitié de cœur qui faisait de la rencontre suivante, une année plus tard, la continuité de la joie d’être ensemble. Marie-Cécile était en tous lieux à sa place, elle avait en toutes occasions l’attitude juste. En séjour à la maison, nous l’amenons voir une amie jeune accouchée à l’hôpital, nulle gêne, ni pour elle, ni pour nous, ni pour la jeune femme allongée qui a gardé un vif souvenir de cette dame qu’elle ne connaissait pas. La présence de Marie-Cécile ne s’oublie pas.
Elle avait une façon de nous parler d’Haïti qui à la fois exprimait son implication, un ressenti plein de tendresse, de vérité, de compassion, et à la fois sa sérénité, comme si elle voyait plus loin que les nécessités immédiates, plus loin que l’horizon des médias et des politiques. Parfaitement dans ce monde et déjà au-delà de ce monde. Aucune fausse modestie, aucune fausse pudeur, Marie-Cécile était une des rares personnes qui pouvait parler d’elle-même sans ennuyer son auditoire, car elle était transparente : la missionnaire se confondait avec sa mission, on pouvait approcher par elle tous ceux pour qui elle donnait sa vie aussi bien que Celui qui l’avait appelée à ce don d’elle-même.Si son décès nous affecte à la mesure de l’intensité de sa présence, cette même présence nous donne une distance par rapport à la mort, une distance qui n’est pas un éloignement mais une altérité que l’on peut embrasser. Quand la mort l’a visitée, elle était encore une fois à sa place : elle était chez les siens, dans son pays de mission, au travail. Elle est morte comme les siens, partageant jusqu’au bout le destin de ce peuple auquel elle avait voulu se lier.
François Molliet accompagnateur Ictus Voyages
Article paru dans Paris Match le 21 janvier 2010
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La Cappadoce
Marche en Cappadoce... Cheminées de fées et églises rupestres.
" C’est à juste titre que la Cappadoce est devenue une destination touristique incontournable : des paysages stupéfiants, un patrimoine culturel inestimable, une réalité qui enchante et passionne...
La marche qui vous est proposée offre bien sûr la visite des sites les plus célèbres, tels le musée de Göreme, la ville souterraine de Derinkuyu, le piton d’Ortahisar ou la vallée d’Ilhara, mais elle offre aussi et surtout la découverte d’un terroir.
En cheminant de vallées en vallées et de villages en villages, vous aurez l’occasion de vous émerveiller du spectacle grandiose et excentrique des cheminées de fées ; mais votre émerveillement naîtra également de la douceur d’un vignoble, du murmure d’une source ou du pittoresque d’un bivouac. Au détour d’un chemin, vous serez ravis par un bout de rocher, oublié au milieu d’un champ d’amandiers, portant d’émouvantes traces d’anciens moines vivant en troglodytes. De multiples petites surprises quotidiennes qui vous feront mieux apprécier la valeur des fresques protégées par l’Unesco.
Cette marche vous permettra aussi de goûter à l’hospitalité d’un peuple paisible, vivant laborieusement au rude contact de la nature. Après quelques nuits sous les étoiles un peu fraîches du haut plateau anatolien, vous serez touchés par l’accueil chaleureux des habitants du pays. Une nuit dans une maison de village éloigné des endroits touristiques et vous aurez l’impression de vivre en dehors du temps ; et alors vous paraîtront tout proches, ces Basile de Césarée, Grégoire de Naziance ou Grégoire de Nysse, ces anciens dont l’Eglise se reconnaît la fille, l’héritière.
La Cappadoce est l’occasion de reparcourir les premiers siècles du christianisme. Les lointains échos des questions existentielles débattues lors des conciles oecuméniques sont encore tangibles sur les murs creusés et sculptés des ermitages rencontrés au hasard des sentiers. Les querelles théologiques lancées par de pointilleux savants sont rendues vivantes par quelques traces de peinture sur le tuf, les vies exemplaires des nos aînés dans la foi sont rendues présentes par des horizons immuables admirés au long du chemin.
C’est un voyage d’agrément, à n’en pas douter, mais aussi de ressourcement ; on marche d’un lieu à un autre, d’une beauté à une autre, au point de ne plus savoir où donner de la tête avec son appareil photographique, mais on marche aussi vers soi-même et vers Celui qui est l’origine de toute beauté. Mais la Cappadoce résiste aux descriptions, elle est de ces rares places au monde où les publicités d’agence resteront toujours en deçà de la réalité."
F. Molliet
Voir le voyage
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