Retraite en Pologne, impressions du prédicateur...
Le Père Bruno Ducoux est prêtre depuis 29 ans. Après 10 années passées en paroisse et en tant que recteur de sanctuaire, le père est actuellement aumonier, de garnison et d’un centre de formation de la gendarmerie.
De retour d’une retraite à Cracovie
Comment Jean Paul II a marqué la ville de Cracovie ?
Nous ne savons comment Jean Paul II a marqué la ville de Cracovie. Ce qui est sûr, c’est que tout dans la ville parle de lui. Sans doute parce qu’il a parlé à la ville, à son pays et au monde.
Qu’il nous suffise de lire son livre : « ma vocation » ou « N’ayez pas peur ». Tout y est décrit depuis la recette du gâteau appelé « lolek » jusqu’aux hauts lieux où il est passé : les églises Notre Dame ou Saint Florian, l’université, sans parler de Wadowice. Il est présent dans une grande humanité pour nous pèlerins qui imaginons le côté lointain de la fonction papale. Il est là présent, petit, humain et rappelant ainsi que la sainteté est accessible à tous et chacun.
L’image du sanctuaire de la miséricorde est un signe marquant, comme la cellule ou mourut le père Kolbe en est émouvant, parce qu’il est venu s’y recueillir et s’y mettre à genoux. Et encore rien n’a été dit sur le sanctuaire de la miséricorde, terminé pour permettre au Pape de venir saluer son cher pays, avant de regagner sa patrie éternelle, passant par une halte à Rome, la ville éternelle. Et je ne parle pas de tous ces petits lieux, comme sa maison de Cracovie, parsemée de détails et qui ont fait ma joie, me rappelant de ses multiples lectures qui finissent par enrichir de multiples détails cette ville où le chrétien Karol a vécu sa jeunesse et son, apostolat, puis sa mission d’évêque et d’archevêque.
- Quels sentiments étaient partagés par l’ensemble du groupe de retraitants ?
Dans la première soirée, et lors de la première causerie, chacun a donné sa motivation d’un tel pèlerinage sur les pas du Pape Jean Paul II. Cela allait de la vraie démarche spirituelle jusqu’à l’opportunité de vivre l’anniversaire du départ du défunt Pape et la fête de la miséricorde. Pouvoir leur montrer la démarche spirituelle de Jean Paul, avec son attachement à la spiritualité du carmel, n’a sans doute pas été vain, car cela leur a montré ce que Jean Paul II a toujours voulu et soutenu : « je suis un fils de Pologne qui sert son Eglise ». En tout cas les membres du groupe étaient vraiment attentifs les uns aux autres. Le décalage d’âge et le rythme des démarches des uns et des autres a permis une grande simplicité et une grande générosité. La guide, n’a pas été pour rien dans cette démarche vue son attention, sa bienveillance et sa délicatesse, même si elle montrait davantage la vie et l’attachement des polonais pour leur Pape.
- Quels ont été les points forts de cette retraite ?
Sans doute la célébration eucharistique dans le grand sanctuaire marial où le petit Karol fut confié par son père à sa Mère du Ciel, celle de la terre venant de les quitter.
Les causeries axées sur l’influence de la spiritualité et de la vie carmélitaine sur le futur Pape, n’est pas pour rien dans cette découverte qui jalonne sa destinée si remplie. Il nous suffit de voir que le christ a porté sa croix et qu’il nous demande d’en faire autant. En cette période pascale et proche de l’anniversaire de la mort de Jean Paul II, ce fut aussi la période de l’anniversaire de Benoit XVI. En ces temps qui sont les nôtres, il n’est ni difficile ni couteux de lui présenter tous nos vœux sur cartes postales, tel des enfants à leur Père. Quelle fut notre joie de recevoir une réponse de la secrétairerie d’état, via nonciature pour être remercié par ce geste.
- Pourquoi peut-on dire que Jean Paul II est un modèle de spiritualité ?
J’ai tenté de montrer comment la spiritualité du carmel a influencé Jean Paul II, en partant de la communauté des Carmes à Wadowice, celui de la ville de Cracovie en passant par les carmels que j’ai visité lors de différents voyages (Lisieux, Athènes, Beyrouth, et bien d’autres...). De plus, j’ai utilisé les témoignages de grands dévots et saints : Jean de la Croix, Jan Tyranowski, Albert Chmielowski, Sainte Thérèse (la petite et la grande), Sœur Bénédicte de la Croix...
La ville rappelle à tous les coins de rue la présence du jeune homme étudiant et résistant, le prêtre et l’évêque, sans parler du pape rappelant à la Pologne qu’elle est le lien et le poumon de l’Europe de par ses racines.
- Pendant la retraite a eu lieu le terrible accident d’avion dans lequel le président de la Pologne s’est tué, comment avez vous vécu ce drame ? Quelle réaction eu le groupe de retraitants à l’égard de la population polonaise ?
C’est essentiellement par notre guide que nous avons pu voir comment réagissaient les polonais, elle nous a permis de voir leur comportement un peu latin - anglo-saxon, en même temps leur dimension un peu slave. Ce qui permet de rebondir en rappelant que le pape Jean Paul II disait de son pays qu’il était le poumon entre l’orient et l’occident. Bien sûr je ne parle pas de l’émotion à double titre : le nombre de morts et la qualité des sinistrés.
Le groupe a été touché de la peine qu’avait notre guide, a qui ils s’étaient attachés.
Père Bruno Ducoux - Interview juillet 2010
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