Père Didier-Marie Golay, vous accompagnez le pèlerinage en Castille du 14 au 21 avril prochain, pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?
Je suis membre de la province de Paris de l’ordre des carmes Déchaux et je réside à Lisieux chez la petite Thérèse. Depuis 1981 je m’intéresse tout particulièrement à sainte Thérèse d’Avila, sur laquelle j’écris actuellement un livre. J’ai accompagné une quinzaine de pèlerinages et de retraites à Avila, sur les pas de la grande Thérèse.
Quels sont pour vous les points forts de ce pèlerinage ?
Le grand point fort de ce pèlerinage c’est de découvrir les paysages et les lieux où sainte Thérèse a vécu et qui nous la rendent plus proche, et plus concrète. Ce cheminement dans les lieux nous permet de mieux comprendre sa vie et ses écrits.
Deux villes sont comme des points d’orgue de ce pèlerinage :
Avila : la ville de Thérèse...
Tolède, capitale de l’Espagne, lieu de séjour des rois catholiques et résidence de Charles Quint. C’est une capitale luxuriante très riche et très mouvementée.
En contraste, Avila, construite de granit semble plus austère et plus sombre, elle plus silencieuse, presque discrète, même si elle est également une ville royale.
La différence des deux villes permet de mieux comprendre l’apport de Thérèse au coeur du Siècle d’Or.
Un autre point fort est le fait de pouvoir célébrer la messe dans les lieux où sainte Thérèse a vécu : notamment au couvent de l’Incarnation (elle y passa plus de 30 ans) et au monastère Saint-Joseph où elle commença la réforme.
Comment les pèlerins verront la présence de sainte Thérèse à travers les lieux visités ?
Sainte Thérèse a beaucoup marqué les lieux où elle vécut et elle s’en est également imprégnée. A Avila, nous déambulerons avec la jeune Thérèse dans le quartier de son enfance; en découvrant le couvent de l’Incarnation et le monastère Saint-Joseph, nous percevrons immédiatement l’intention profonde de sa réforme. La cathédrale où elle allait prier, le couvent dominicain de saint-Tomas où elle allait se confesser nous la rendent plus familière, plus proche.
A Medina del Campo, la première fondation après San José, on trouve le carmel sur les lieux d’origine.
A Tolède nous verrons les différents lieux marqués par sainte Thérèse qui a commencé à y écrire le Livre de la vie. Elle aimait beaucoup Tolède. Nous y découvrirons la splendeur du XVIème siècle, qui la fit vibrer mais qu’elle quitta pour répondre à l’appel de Dieu.
Quels sont les visites qui vous tiennent le plus à cœur ?
Le plus émouvant pour moi est sans aucun doute la chapelle primitive de San-José. C’est là qu’a été célébrée la première messe de l’Ordre du Carmel Déchaussé, le 24 aout 1562. C’est le lieu où est née la réforme thérésienne. Il a gardé sa grande simplicité et il est toujours très émouvant d’y célébrer l’Eucharistie à notre tour.
Le petit musée de san José est un également très émouvant. On y trouve des objets ayant appartenus à Thérèse, des livres, des lettres qu’elle a elle-même écrites, des lettres dans lesquelles on parle d’elle, des objets d’art...
La cathédrale de Tolède quant à elle est un véritable musée. On y trouve des tableaux de El Greco, des voûtes extraordinaires et toute la grandeur de l’Espagne du siècle d’or. Sainte Thérèse assista à des messes dans ce superbe endroit et ce qui est intéressant c’est que la splendeur du lieu est un véritable contraste avec la sobriété de ce qu’elle a fait.
Une dernière chose pour nous donner envie de vous suivre en Castille ?
Sainte Thérèse est une femme de son temps, mais qui en même temps se démarque de son temps. C’est une femme étonnante d’actualité et l’intérêt de ce pèlerinage est de rencontrer non pas seulement une sainte ou un docteur de l’Eglise, mais une amie qui en se dévoilant à nous, nous dévoile aussi à nous-mêmes. Ce pèlerinage nous fera découvrir davantage son humanité. Les textes seuls ne permettent pas entièrement de témoigner de son humanité, mais en allant sur place tous les textes prennent leur sens et l’on peut alors aller plus loin dans leur compréhension.
Sainte Thérèse devient une amie à travers ce pèlerinage.
Interview du père Didier-Marie Golay accompagnateur du pèlerinage en Castille - Décembre 2011.
Voir le pèlerinage en Castille





