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Interview

Pologne Interview du P. Ducoux


PELERINAGE_POLOGNEPère Bruno Ducoux, vous êtes prêtre du diocèse aux armées, et vous accompagnez le pèlerinage en Pologne sur les pas du bienheureux Jean Paul II du 5 au 12 mai 2018.
Pouvez-vous nous dire en quoi Saint Jean Paul II, sainte Faustine, saint Maximilien Kolbe, le bienheureux père Popieluszko qui sont des grandes figures de la Pologne marquent encore aujourd’hui le pays tout entier ?
Ajoutons saint Stanislas et sainte Edwige, apôtres de la Pologne, et surtout Jan Tyranowski, ce laïc qui fit découvrir les écrits de saint Jean de la Croix à Jean Paul II. Ajoutons encore Albert Chmielowski, cet ancien militaire blessé, devenu franciscain qui marqua aussi profondément Jean Paul II dans son enfances et sa jeunesse. Rajoutons Édith Stein dans sa démarche philosophique, puis chrétienne. C’est ce pape qui les mettra plus tard sur les autels.

 

Tous ces chrétiens du XIXème et du XXème siècle, par leur vie quotidienne, montrent que nous sommes tous faits pour être des saints. C’est une chose qui est à la portée de tout homme qui répond avec sincérité à l’appel du Seigneur dans son cœur.
Ce sont ces figures toujours présentes dans la vie de Jean Paul II qui l’aidèrent à faire entrer le monde dans le troisièmes millénaire, cette mission qui lui sera rappelée au moment de son élection. Ce sont ces mêmes personnages qui seront nécessaire à Jean Paul II pour lui faire comprendre que dans la vitalité de son corps, comme dans la souffrance, il est possible de faire grandir le monde et de rayonner de cette résurrection et de cette grandeur du Seigneur.
Gardons bien en mémoire cette parole de Jean Paul II: "Devenez, ce que vous êtes".
Comment ne pas mentionner sainte Faustine, cette humble fille, et le sanctuaire de la Miséricorde, devant lequel Karol Wojtyla passe en allant à son travail, à la carrière de pierres. Il découvre dans ce lieu cette spiritualité si particulière et spécifique, qui le mène à cette demande de pardon entre les épiscopats polonais et allemands, qui le mène à consacrer par deux fois le monde au cœur de la mère du Christ et de l’Eglise avec tous les épiscopats du monde.


Nous visiterons pendant notre pèlerinage le camp d’Auschwitz-Birkenau, lieu terrifiant, comment comprendre que la visite de ce lieu, a marqué ou influencé Jean Paul II ?

Il m’est toujours très difficile de parler et de me rendre dans ce lieu de souffrance concentrée. Peut-il y avoir encore de l’espérance dans ce lieu de misère concentrée, que je ne peux qu’imaginer, et bien mal sans doute. C’est un lieu de pauvreté par excellence, c’est un lieu de tristesse accumulée, qui rend très mal à l’aise. Comment peut-on avoir tant de haine ? Ce qui marque aussi profondément c’est ce don du père Maximilien Kolbe, d’Édith Stein, et de tant d’autres que nous fêtons le 1er novembre... qui nous montrent qu’il y a tant de bonté, de douceur, de patience et de générosité par des vies données, offertes... et prises aussi.
A Auschwitz, nous visiterons la cellule du père Maximilien Kolbe qui marqua mon cœur et humidifia mes yeux de prêtre, qui aimerait comme tout missionnaire : "aimer l’amour et aimer à faire aimer l’amour" (sainte Thérèse de l’E.J.). Et une fois de plus, Jean Paul II, tout comme son successeur Benoît XVI, ont eut tellement raison de demander pardon pour toutes les souffrances reçues et toutes les souffrances données. "si là tu te souviens que ton frère a quelque choses contre toi, pose là ton offrande, va te réconcilier, puis présente ton offrande...". C’est alors qu’apparait dans ces camps, des autels pour l’offrande de nos vies.
Aussi puis-je me permettre un conseil, si vous allez en Pologne ne passez pas seulement à Auschwitz, voyez d’autres lieux de "ce poumon, entre l’orient et l’occident" (J.P.II).

Pendant notre pèlerinage, nous découvrirons le sanctuaire de Lagiewniki où Jean Paul II venait souvent prier, pouvez vous nous dire comment ce sanctuaire à influencé son pontificat ?

Nous savons tous l’importance de la dévotion du jeune Karol, pour la Vierge Marie. Cela commence avec sa maman qui lui donna la vie et qui le quitta très tôt. Son père devient pour lui une mère, selon une expression de Jean Paul II lui-même, et le confie à sa maman du ciel. Quant à la vie avec le père Grignon de Montfort, et sa devise "Totus Tuus", elle lui prodigue une vie parsemée de la tendresse de Marie pour ce fils de Pologne.
Le sanctuaire de Lagiewniki, placé au beau milieu de la nature est une richesse pour le jeune Karol. Le nombre de chapelles et oratoires placés sur ce territoire ne peut manquer de donner confiance à ce prêtre et cet archevêque de Cracovie, qui y vient pour réfléchir, penser et prier pour les décisions qu’il doit prendre. Cette nature devient pour lui lieu de la Création. Ce jardin d’Éden, où il vient parler à son Dieu Père, où il n’a pas besoin de buisson pour se cacher. Sans cesse il reviendra dans ce sanctuaire pour mettre à jour sa vie chrétienne face au Seigneur. Si nous avons la chance de nous y promener, alors vous verrez comme nous sommes pris par ce désir de confier tout ceux qui nous sont chers à Dieu "riche en miséricorde".
Mais sans doute y resterons-nous trop peu de temps pour en comprendre le sens et voir en ce lieu le refuge du successeur de saint Stanislas qui montre que le Bon Dieu avait besoin de temps et qu’il en a fait suffisamment... pour les ouvriers de la première heure et ceux de la dernière heure. Chacun de nous a une place réservée.

Votre coup de cœur pendant ce pèlerinage ?

Le coup de cœur de ce pèlerinage, doit s’écrire au pluriel. Chacun trouvera ce qu’il est venu chercher. Me concernant, c’est l’église paroissiale de Wadowice, lieu du baptême de Karol Wojtyla, lieu de sa prière avec son père, où il apprend à servir la messe, Jésus dans l’eucharistie, la chapelle du fond de l’église où il s’adresse à Marie, Notre Dame du Perpétuel Secours (dans la période historique où le régime est athée et hostile à la foi). A l’ombre de l’église se trouve la maison paternelle. Ainsi ce lieu est un lieu chargé de l’histoire d’un homme qui sut donner tout ce qu’il est à Celui qu’il voulut servir. En même temps, nous voyons, un village, comme les autres. Il est nécessaire d’avoir cette démarche de l’intérieur pour comprendre que ce que le Seigneur nous demande est dans notre vie de tous les jours, et que c’est en ce lieu que commence le Chemin, que se trace la Vérité, pour un homme qui su donner sa Vie. A l’image et à la ressemblance de ce Jésus qui nous dit a chacun, "va, toi aussi fait de même".
Un deuxième coup de cœur, est le souvenir de l’avoir rencontré, à plusieurs reprises, et d’être fasciné par cet homme, bien avant de comprendre qu’il était un grand homme, un grand saint. Il marqua les prêtres de ma génération. Mon sacerdoce est aussi de la génération Jean Paul II, par ces lettres du jeudi saint, par ce sacerdoce dont il montra l’importance et la vigueur, par cette sainteté qui fait envie. En fin de compte, c’est cet homme, ce chrétien, ce prêtre qui me fascine, et dont je voudrais puiser la force et la douceur, la bonté et l’énergie, pour poursuivre la route que le Seigneur m’a assignée, avec cette recherche de la Vérité.

Interview du père Bruno Ducoux, accompagnateur du pèlerinage en Pologne sur les pas de Saint Jean Paul II

Voir le pèlerinage en Pologne sur les pas de Jean Paul II